15 septembre 2011

La Jardinière

Sur les rivages de ma folie
Je te cultive et te garde pour moi seule
Ton existence me déroute
Je pince les tiges de tes pensées entre mes doigts noueux
Je t’arrache à la terre, une fois de plus, en vain
Comme toujours, tu mordilles l’aubier qui grandit sous ma peau

Tu me bouscules et meurtris mon dos couvert d’écorce
Le choc répété de tes épines me brise les os
Je t’assomme à coups de pioche
T’effiloche des mes cisailles rouillées
Dépèce tes doléances

Je quitte le jardin et ferme la clôture
Comme tu me nargues encore, je te prive d’eau

Sur le chemin de la maison, je planifie ta prochaine mort
Je lèche mes plaies jusqu’à en extraire la sève
J’évite en marchant d’agiter les grands joncs 
Qu’un étourdi a plantés sur l'espace de ma tombe

Je 
ferme à double tour, me terre au salon 
Tu te fais tranquille dans l'ombre du jardin
Je sais que les joncs ont encore faim
Il ne me reste rien à leur offrir

Aucun commentaire:

Publier un commentaire